Accueil                                                                                                                                              
Alexandre ADJINAN, Président de la Commission Nationale des Jeunes de la Confédération des Organisations Syndicales Indépendantes du Bénin (COSI-BENIN) au sujet de l’évaluation diagnostique à l’intention des enseignants de l’enseignement secondaire général :
NOTRE POSITION NE VARIE PAS Publié le 9 janvier 2019

Il est utile de rappeler qu’avant notre publication, la Fédération des Syndicats de l’Education affiliés à la COSI-BENIN (FéSEd/COSI-BENIN) a déjà rendu publique une déclaration le mardi 11 décembre 2018. A travers cette déclaration, elle a montré que l’évaluation annoncée est inopportune et n’a aucun sens. La FéSEd/COSI-BENIN a, à travers un argumentaire, montré le caractère inopportun et inutile de ladite évaluation et a invité les enseignants à la boycotter purement et simplement. Aussi, la FéSEd/COSI-BENIN n’a-t-elle pas manqué de faire des propositions concrètes et pertinentes au gouvernement. A travers notre publication qui est venue renforcer la déclaration de la FéSEd, nous avons insisté sur le cadre législatif et réglementaire relatif à la formation et l’évaluation des Agents de l’Etat en général et des Enseignants en particulier. Il convient de revenir ici sur les différents textes de loi ou décret auxquels nous nous sommes référé. Il s’agit de la loi N°2003-17 du 11 novembre 2003 portant Orientation de l’Education Nationale en République du Bénin rectifiée par la loi 2005-33 du 06 octobre 2005 et la loi N°2018-35 modifiant et complétant la loi N°2015-18 du 1er septembre 2017 portant Statut Général de la Fonction Publique. En effet, l’article 66 de la loi portant Orientation de l’Education Nationale en République du Bénin dispose :<>. Voilà ce que recommande la loi d’orientation. En ce qui concerne la loi portant Statut Général de la Fonction Publique, ses dispositions sont également claires. En guise d’illustration, nous allons énumérer quelques unes. Chapitre III : De l’évaluation et de la notation. Article 51, 1er alinéa : <>. Article 51, 3ème alinéa : <>. Article 54 <

Si les enseignants s’insurgent donc contre ladite évaluation, c’est d’abord parce qu’elle ne respecte aucun texte de loi régissant la fonction publique. On ne peut donc pas imposer aux agents de l’Etat, des réformes illégales et les obliger à l’accepter.

Nous tenons à rappeler que les enseignants n’ont pas peur de l’évaluation annoncée. Ils ne sont pas nuls et sont convaincus que le gouvernement a une grande part de responsabilité dans les maux qui minent le système éducatif. Les enseignants s’insurgent contre cette évaluation parce qu’ils la considèrent comme un gaspillage de ressources financières. Les enseignants s’insurgent contre cette évaluation parce que les objectifs visés par le gouvernement ne sont pas clairement définis. Je répète avec insistance que les enseignants n’ont pas peur d’une évaluation. Ils ne doutent pas de leurs capacités intellectuelles comme le font aujourd’hui ceux qui les ont formés. Pour eux, il y a beaucoup d’autres urgences à régler et face à ces urgences liées aux problèmes de carrière et de retour en formation des titulaires du BAPES et du BAPET pour l’obtention du CAPES et du CAPET, cette évaluation est inopportune. Pour les questions de formation, la Direction de l’Inspection Pédagogique, de l’Innovation et de la Qualité (DIPIQ) est mieux placée pour renseigner le gouvernement par rapport aux besoins en matière de formation et de renforcement de capacités au niveau des Enseignements Secondaire Général, de la Formation Technique et Professionnelle. Les rapports issus des visites de classe effectuées par les Inspecteurs et les Conseillers Pédagogiques sont des indicateurs plus fiables. Malgré l’inexistence de textes législatifs et réglementaires liés à l’évaluation dite diagnostique et le gaspillage de ressources financières qu’elle engendre, le gouvernement de la rupture est prêt à faire du forcing. Il nous faut maintenant identifier les raisons qui justifient l’attitude du gouvernement. L’ÉTAT ACTUEL DU MOUVEMENT SYNDICAL AU BÉNIN A l’issue des grèves de 2018, le monde syndical est resté divisé. Il s’agit d’une situation voulue et entretenue par le gouvernement. Certains responsables syndicaux et certains militants entretiennent également cette division à travers leurs écrits et leurs actes. Le gouvernement, spectateur Joyeux assiste donc à une guerre entre structures syndicales et leaders syndicaux. L’actuel Président de la République connaît très bien la force du syndicat. Il a profité de la lutte de la classe ouvrière pour être là où il se trouve aujourd’hui. Mais après avoir accédé à la magistrature suprême, il a décidé de décapiter le syndicat. Les syndicalistes qui acceptent faire son jeu doivent savoir qu’ils sont en train de sacrifier la démocratie béninoise. Malgré tout ce qui se passe, je suis convaincu que le syndicat ne va périr. AU SUJET DU FRONT D’ACTIONS DES SYNDICATS DE L’EDUCATION Le Front d’Actions des Syndicats de l’Education, en tant que regroupement de Syndicats de la Maternelle, du Primaire et du Secondaire est la seule structure qui a permis aux enseignants des sous-secteurs sus-cités d’engranger de grandes victoires dans le cadre de l’amélioration de leurs conditions de vie. C’est vrai que depuis quelques temps, les luttes du Front n’ont plus prospéré comme par le passé puisque, très souvent, après des mois de grève, ses dirigeants et certains Secrétaires Généraux signataires des motions de grève abandonnent la lutte et disent ne pas vouloir endosser la responsabilité d’une année blanche. Nous pensons qu’il s’agit d’une raison non valable puisque ce ne sont pas les responsables syndicaux qui décrètent une année blanche. Nous avons toujours marqué notre désaccord par rapport à cette option et nous l’avons également fait après la décision de suspension de motion de grève prise le lundi 23 avril 2018 en continuant la lutte. Notre problème, ce n’est pas le Front en tant qu’institution, mais plutôt ses dirigeants avec qui nous ne sommes pas d’accord. Mais on constate malheureusement que certains détracteurs du Front confondent la structure aux personnes qui la dirigent actuellement. Qu’on veuille l’entendre ou non, je voudrais rappeler que le Front a beaucoup fait pour les enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire, de 2005 à 2011. Les dirigeants actuels du Front sont de passage mais l’institution reste. Ce qui gêne est que ces dirigeants actuels pensent qu’ils ont raison d’avoir posé l’acte du lundi 23 avril 2018 et disent à ceux qui veulent les entendre, des choses graves sur ceux n’étaient pas d’accord. S’ils pensent que ceux qui ne sont pas du même avis qu’eux ne valent rien, ils n’ont qu’à continuer leur chemin. L’heure du bilan viendra à coup sûr et l’histoire retiendra le rôle que chacun à jouer pour contribuer au bonheur ou au malheur des enseignants.

*À L’ENDROIT DES ENSEIGNANTES ET ENSEIGNANTS.

Si vous connaissez l’histoire du Front et les avantages qu’il a permis aux enseignants d’obtenir, vous n’allez pas proclamer sa mort. Nous devons travailler à changer les choses et à obliger les dirigeants syndicaux à écouter les travailleurs. C’est vrai que les détracteurs du Front ont intérêt à ce qu’il disparaisse. Mais ils n’ont pas pu et ne pourront jamais faire pour les enseignants ce que le Front leur a fait.

C’est vrai que le monde syndical est actuellement divisé. Mais face à la polémique que suscite l’évaluation dite diagnostique, les enseignants doivent savoir la conduite à tenir. Nous savons que certains responsables syndicaux ont accepté aller vers leurs collègues enseignants pour les entretenir au sujet de l’évaluation. Lorsque j’analyse le contenu du message que le gouvernement souhaite qu’ils passent et celui que certains d’entre eux passent déjà, j’affirme qu’il ne revient pas à des syndicalistes de jouer ce rôle. C’est très dangereux pour des syndicalistes d’accepter de participer à cette opération qui consiste pour le gouvernement à les dénigrer, à les opposer aux militants et à fragiliser le mouvement syndical. Cependant, je ne suis pas d’accord avec ceux qui demandent aux enseignants de violenter ces camarades syndicalistes qui n’ont pas compris que le gouvernement, en les associant à cette mission leur a remis l’arme qui va servir à les abattre. Je remercie les participants qui, sans violence, ont boycotté les séances et ceux qui y sont allés pour dire des vérités amères aux délégations avant de vider les lieux. Face à toutes les stratégies de ruse et de rage mises en place par le gouvernement de la rupture, les enseignants du secondaire, toutes catégories confondues doivent dire non à cette évaluation diagnostique. Ce non catégorique doit permettre de : *faire comprendre au gouvernement que les enseignants ne sont pas prêts à accepter la violation des textes et les gaspillages de ressources financières ;

*faire savoir au gouvernement que les enseignants n’ont pas peur des menaces de radiation qu’il a demandé à certains syndicalistes de brandir en cas de boycott de l’évaluation ; *monter aux syndicalistes qui se sont associés au gouvernement pour menacer leurs collègues que les enseignants ne sont plus prêts à suivre un mot d’ordre venant d’eux ; *montrer aux responsables syndicaux qui ont accepté cette évaluation sans avoir des raisons pour justifier leur choix que les enseignants sont prêts à décourager tous les responsables syndicaux qui se foutent des militants qui constituent la force du syndicat ; Nous ne devons donc pas avoir peur. Nous avons maintenant l’occasion de démontrer au gouvernement de la rupture que les travailleurs en général et les enseignants en particulier sont debout pour lutter et restaurer l’image du syndicat malgré les lois scélérates votées pour intimider les travailleurs et les empêcher de lutter. De toutes les façons, je n’ai pas peur, moi. Personne ne détient mon souffle, fut-il Président de la République. Aucun pouvoir sur cette terre n’est éternel. Seul le pouvoir de Dieu l’est. Je respecte les autorités et je crains Dieu, le créateur de toute chose. Pas les humains. Pour finir, je précise que nous ne disons pas non à l’évaluation diagnostique parce que certains disent qu’elle déboucherait sur le licenciement massif et abusif d’une certaine catégorie d’enseignants. Notre refus de participer à cette évaluation tire sa source du caractère illégal qu’elle revêt et le gaspillage des maigres ressources du Bénin qu’elle va engendrer. Ensemble, nous allons gagner le combat de la vérité, de la dignité et restaurer l’image du mouvement syndical dans le secteur de l’éducation afin de redonner espoir aux enseignantes et enseignants. Seule la lutte paie !!! Alexandre ADJINAN, Président de la Commission Nationale des Jeunes de la Confédération des Organisations Syndicales Indépendantes du Bénin (COSI-BENIN)


Dossier
Gare à vous !:
C’est désormais une réalité, les 7 033 enseignants (...)
 + d'articles
Dossier
Efficacité interne et externe de l’Enseignement Secondaire Général (ESG) au Bénin (11 janvier 2019)
Les enseignants APE, ACE et Vacataires invités à (...)
 + de dossiers
REFORME DANS LE SYSTÈME ÉDUCATIF AU BÉNIN : (16 mars 2019)
Rappeler les principes élémentaires qui doivent gouverner (...)
 + d'articles
Lutte contre les sachets en plastique : (16 mars 2019)
Vendredi 8 mars. Jour de classe à l’Ecole primaire (...)
 + d'articles
ORGANISATION DES EXAMENS BLANCS DU BEPC ET DU BACCALAUREAT AU TITRE DE L’ANNEE 2018-2019 (15 mars 2019)
« Je vous invite à prendre toutes les dispositions (...)
 + d'articles
CALENDRIER SCOLAIRE AU BÉNIN : 2018-2019 (11 janvier 2019)
PRÉ-RENTRÉE : Du lundi 10 au vendredi 14 septembre 2018. (...)
 + d'articles
MISE EN ŒUVRE DU PSE POST 2015 (6 mars 2019)
Le Groupe local éducation (GLE) s’est réuni en session (...)
 + d'articles
 + d'images
 
 
 
 
 © RJCE-BENIN 2011-2015, All rights reserved Les partenaires de l'éducation | L'équipe | Contact | Adresses utiles