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Gare à vous !
Publié le 4 janvier 2017

C’est désormais une réalité, les 7 033 enseignants recrutés au profit de la maternelle, le primaire et le secondaire pour donner un bol d’air à notre école sont désormais connus. L’opinion publique n’a pas fait économie d’auréoles pour saluer ce coup de triomphe de l’actuel gouvernement qui a mis à profit l’expertise des cadres béninois et des structures de l’Etat pour boucler le processus en un temps record. Il ne serait donc pas démagogique de saluer les auteurs, notamment ceux qui sont placés au plus bas niveau du dispositif opérationnel et que l’on n’oublie souvent en jetant tous nos bouquets de gratitude dans le seul panier des autorités. Mais, la question actuelle après le délire symphonique de cette victoire d’étape est celle¬-ci : pourquoi avons-nous besoin de recruter des milliers d’enseignants ? La réponse évidente, connue de tous, c’est que notre école traîne depuis des années des déficits souvent estimés en milliers d’enseignants. Certains chiffres avancés ces derniers mois évoquent un manque de de plus de 11.ooo enseignants pour les sous-secteurs du primaire et du secondaire uniquement. Il s’agit d’œuvrer pour combler progressivement et plus rapidement ces déficits qui tendent à justifier, pour une large part, les minables performances de notre système éducatif. Comme nous le savons certainement, il ne sera pas que question du nombre d’enseignants recrutés, mais il sera surtout question ici de la capacité et de la compétence des enseignants présents dans les salles de classe à conduire et à faciliter avec efficacité le processus d’apprentissage. C’est cela la finalité de ce recrutement des enseignants. L’objectif final est donc l’accomplissement au mieux de la mission de ces enseignants plutôt que leur simple déploiement dans les classes. Ces enseignants recrutés seront donc un indicateur, pour redresser la courbe du taux de réussite de nos apprenants aux divers examens nationaux. Si les joueurs de notre équipe ne sont pas assez performants par manque d’encadreurs qualifiés, il n’y a pas de raison que leur présence ne fasse pas monter la jauge de la performance scolaire. Il devient alors impérieux de s’engager dans les prochaines étapes avec célérité, méthode et sens de responsabilité. L’Etat doit assurer leur formation et le faire avec rigueur et ténacité afin qu’ils comprennent, dès les premières heures, le sens de la mission à eux assignée. Il ne faudra pas faire le tri des partisans ou des alliés à déployer dans les "bonnes" zones et que seuls les autres méritent d’aller dans les zones déshéritées. Il faut repartir avec équité les nouveaux enseignants en ayant comme mot d’ordre : « servir partout où besoin sera ! ». Mieux, une mission, des hommes et des moyens dit-on. Il serait utopique de demander des performances à un enseignant qui recevra son premier salaire des mois après sa prise de fonction, quand il aura fini de s’endetter auprès de toutes les vendeuses de produits de première nécessité de son quartier ou de son village. Il faut briser ou rompre les barrières de la lourdeur administrative abêtissante et perverse pour rassurer les nouvelles recrues et leur permettre de s’adonner à la mission avec corps et esprit. Enfin, un bon régime de sanctions sera aussi capital pour donner l’exemple et remettre les éléments errants sur le bon chemin Quand à vous, qui avez reçu la confiance de l’Etat pour contribuer, de façon noble, à construire l’avenir du pays par la formation du capital humain, il n’est point besoin de vous rappeler l’importance d’une telle mission. L’enseignement ne sera pas une période transitoire de votre carrière professionnelle, il est nécessaire d’y mettre une dose de vocation et d’engagement. Un enseignant, téléphone câblé sur WhatsApp dans des discussions vaines pendant les heures de cours ne fera de vous qu’un « gardien d’enfants ». Le sens de la mission et le souci de préserver le temps scolaire intégral doivent vous éloigner d’un absentéisme fantaisiste et des déviances morales susceptibles de remettre en question votre statut d’éducateur et de modèle. Je resterai ardent partisan de la défense de vos droits légitimes de travailleurs, mais je voudrais souhaiter que vos moyens de protestation privilégient le dialogue et la concertation au détriment de tout autre moyen qui prône la cessation systématique des activités pédagogiques. Nous n’avons pas un autre choix : réussir à tout prix !

Gerard Guedegbe


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