Accueil                                                                                                                                              
Alimentation en milieu scolaire : Sur les traces de la cantine de L’EPP Guèmè
Publié le 15 novembre 2015

La récente actualité faisant état de la mauvaise gestion des cantines scolaires de la Circonscription scolaire de Malanville a remis sur le tapis, le problème de gouvernance dans les écoles béninoises. Le matériel didactique, les documents à usage collectif et les vivres des cantines scolaires sont parfois détournés par les responsables en charge de l’école à la base avec la complicité des autres acteurs. Mais ce qui touche le plus, ce sont les vivres des cantines scolaires qui font l’objet de prévarication. Quels sont alors les objectifs poursuivis et les mécanismes de gestion des cantines scolaires ? A l’Ecole primaire publique de Guemè, un village de l’Arrondissement de Sèhouè, Commune de Toffo dans le département de l’Atlantique nous sommes allés nous sommes allées a la source de l’information.

Selon les statistiques, plus de 5 000 apprenants de 2 349 écoles béninoises mangent gratuitement grâce au système de cantines scolaires. En effet, pour améliorer le taux de fréquentation dans les zones rurales où les apprenants sont obligés de parcourir de longues distances avant de se rendre à l’école, le gouvernement du Bénin avec l’appui des Partenaires techniques et financiers (PTF) a mis en place dans les écoles identifiées comme déshéritées, des cantines. Ces dernières de nos jours sont de plusieurs ordres et varient selon les acteurs en présence. C’est ainsi que nous pouvons trouver les cantines dites gouvernementales, celles du Programme alimentaire mondial (PAM) et celles du Partenariat mondial pour l’éducation (PME). La gestion de ces cantines incombe généralement à un Comité interne qui comprend les responsables des écoles, les instituteurs, les parents d’élèves… Ainsi donc, les enfants qui ont parcouru de longues distances avant de se rendre à l’école restent à midi dans l’établissement et mangent gratuitement à la cantine scolaire contre une souscription forfaitaire. Une chose qui a permis selon plusieurs rapports notamment celui de l’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre du Plan décennal de développement du secteur de l’éducation (PDDSE), l’amélioration du taux de scolarisation dans les zones rurales. « Les enfants qui d’habitude les midis quand ils rentrent, ne reviennent plus, comme ils sont désormais nourris ici, ne rentrent plus. Car ils savent qu’ils n’auront certainement pas à manger à la maison », a laissé entendre, un responsable d’école à cantine. Mieux, cela participe à la performance interne au niveau des écoles. Par exemple à Guèmè, les instituteurs, à partir de 14 h, regroupent les apprenants des classes d’examen, pour leur rappeler certaines notions. Une chose qui leur a permis d’avoir chaque année des taux reluisants d’admis. Avant la mise en place des cantines, ils avaient présenté au Cep 2013, 16 candidats mais c’est seulement 6 étaient déclarés admis. Mais en 2014, ils ont eu 20 admis sur 29 candidats présentés au CEP. En 2015, sur 37 candidats, 24 ont été déclarés admis. Des prouesses que les instituteurs de l’Epp Guèmè, attribuent à la présence de cantine dans leur école. Mais comment fonctionnent-t-elle ? Mode d’emploi Selon les explications de Ghislain C. Ahitchémè et de Pierre Paul Adjakidjè, tous deux instituteurs à l’Epp Guèmè, dotée de cantine du Programme mondial de l’alimentation (PAM), ils ont reçu pour le compte de l’année scolaire 2014-2015, deux dotations à raison d’une première vers la fin du mois de décembre 2014 et la seconde à la fin du mois de mars 2015. Cette dotation est composée généralement de sacs de maïs, du riz, du haricot, d’huiles… Et c’est dans celle-ci que chaque jour et sous le contrôle des membres du comité de gestion, ils prélèvent 150 g de ration par enfant présent. « On donne à manger à tous les enfants présents », a déclaré M. Ahitchémè. En contrepartie, les enfants, payent chacun 25 francs CFA pour contribuer à l’achat des ingrédients nécessaires pour la cuisson des repas. « En réalité, c’est 30 F CFA par apprenant, mais c’est pour les aider qu’on a fixé ce taux à 25 F Cfa », a précisé Ghislain C. Ahitchémè. Malgré cela, Pierre Paul Adjakidjè fait remarquer que certains élèves n’arrivent toujours pas à le payer. Néanmoins, ils sont nourris, rassurent les instituteurs. Il faut souligner que la cuisine est assurée par l’une des revendeuses de cette école. « Nous avons au début de l’année, lancé un appel à candidature, mais personne n’a postulé. On a donc choisi parmi celles qui vendaient des mets dans l’école », a confié Ghislain Ahitchémè. De plus, les vivres de la cantine scolaire sont gérés par un comité. Seulement, celui-ci ne fonctionne plus. Les instituteurs expliquent que les membres voudraient qu’on les motive financièrement ou avec des vivres de la cantine. « Mais comme cela ne venait pas, ils ont cessé de venir travailler ». Seul, le président du comité de gestion, qui n’est rien d’autre que le directeur de l’école, supervise cette activité. Quand les vivres attirent Partout où elles ont été installées, les cantines scolaires font l’objet de convoitises. Qu’ils s’agissent des directeurs d’écoles, des instituteurs ou des parents d’élèves, chacun veut avoir sa part dans les vivres dont leur école est dotée. A cet effet, des stratagèmes sont inventés pour dérober une partie des dotations. Des témoignages sont légions sur des cas de prévarication au niveau des cantines scolaires. Contrairement à la Circonscription scolaire de Malanville où ce sont des vivres non servies et l’augmentation des effectifs des enfants présents qui ont été décelés comme méthode de fraudes, dans beaucoup de cas, ce sont les sacs de riz, de maïs, de bidons d’huile, des boîtes de conserves qui sont emportés par les responsables des cantines scolaires. Le phénomène a pris une ampleur au point où, les directeurs d’école préfèrent se voir muter dans une école dotée d’une cantine. Ainsi, certains détournent allègrement chez eux les vivres destinés aux cantines. « Il y avait un directeur dans notre concession et tous les week-ends, c’est pratiquement une fête chez lui. Il préparait du riz avec beaucoup de sardines », a confié Jean M un citoyen. Parfois accuse-t-il, ce sont les femmes de ces responsables d’établissement qui s’érigent en commerçantes et vendent que les vivres détournés des cantines scolaires. Et pourtant, à tous les niveaux, il y a de mécanismes pour limiter les fraudes. En effet, la dotation de chaque école est réceptionnée par un comité de gestion qui tient un cahier régulier des entrées et sorties des vivres. De plus, des missions inopinées devraient être organisées pour des vérifications de la gestion des vivres. Seulement, aucun de ces mécanismes ne fonctionne. Ce qui installe la fraude. Hermann ADIMOU & Vladimir GOUDOU


Dossier
Gare à vous !:
C’est désormais une réalité, les 7 033 enseignants (...)
 + d'articles
Dossier
La politique ronge les bases de l’école... (13 juillet 2015)
Ulrich Afatondji, Etudiant : « Un faux premier qui est (...)
 + de dossiers
Alimentation en milieu scolaire : Sur les traces de la cantine de L’EPP Guèmè (15 novembre 2015)
La récente actualité faisant état de la mauvaise gestion (...)
 + d'articles
Face à la contre-performance du système éducatif béninois : Les médias entrent en scène (6 septembre 2016)
Loin d’être un rendez-vous de discours et de déclaration, (...)
 + d'articles
ANALYSE SITUATIONNELLE DES DROITS DE L’ENFANT (13 juillet 2015)
Réunir les acteurs clés dans le domaine de l´éducation et (...)
 + d'articles
Calendrier scolaire 2016-2017 au Bénin (6 octobre 2016)
Depuis le mercredi 21 septembre 2016, le calendrier de (...)
 + d'articles
Première revue sectorielle de l’année 2016 : Sur un air de refonte du système éducatif béninois ! (24 mai 2016)
Afin de procéder à un examen minutieux des performances (...)
 + d'articles
 + d'images
 
 
 
 
 © RJCE-BENIN 2011-2015, All rights reserved Les partenaires de l'éducation | L'équipe | Contact | Adresses utiles